30 juin 2011; dernière soirée Ampérienne
Je n'avais pas mis les pieds ici depuis avril. Les beaux jours, sûrement, qui m'entraînent dans leur danse folle et m'arrachent à mes occupations d'hiver. Je passe donc en coup de vent pour donner quelques nouvelles. Tout va pour le mieux. Je m'envole vers le lycée sans me retourner, mais je n'oublie pas les sourires de celles et ceux que j'ai si violemment aimés. Le sourire de Nolwenn, lui, demeurera. Les deux semaines qui nous attendent, tapies entre les falaises abruptes du cap Corse dont je suis tombée amoureuse l'année dernière, promettent d'être belles. Il n'y a d'ailleurs pas que de la Corse dont je suis amoureuse... Je vois du monde. Je virevolte au milieu des soirées, des adieux, des préparatifs, des diabolos kiwis, des projets. Je jongle entre les billets de train, les papiers, les paquets de clopes intacts auxquels j'ai promis de ne plus toucher, les conversations vides, les cafés pleins, ces rythmes de vie défaits et agréables à la fois.
La Corse nous ouvrira ses bras le 22 juillet au petit matin, après une traversée de la Méditerranée peu préparée. Nous dormirons sur le pont. Le ferry nous portera jusqu'à Bastia et nous irons chercher dans le maquis le minuscule hameau de Sisco, où nous passerons plusieurs semaines. Nous plongerons dans l'onde salée depuis le haut des falaises, perdrons la notion du temps, partagerons la plus belle et la plus pure des amitiés.
L'été commence vraiment, et je me rends compte que j'ai vécu énormément de choses depuis l'année dernière. A la même période, je m'apprêtais à changer radicalement. Depuis, j'ai parcouru tant de chemin... Aujourd'hui, je peux affirmer que je me construis encore. Et que je suis heureuse.


