dimanche 10 juillet 2011

L'amorce d'un été radieux.

30 juin 2011; dernière soirée Ampérienne

Je n'avais pas mis les pieds ici depuis avril. Les beaux jours, sûrement, qui m'entraînent dans leur danse folle et m'arrachent à mes occupations d'hiver. Je passe donc en coup de vent pour donner quelques nouvelles. Tout va pour le mieux. Je m'envole vers le lycée sans me retourner, mais je n'oublie pas les sourires de celles et ceux que j'ai si violemment aimés. Le sourire de Nolwenn, lui, demeurera. Les deux semaines qui nous attendent, tapies entre les falaises abruptes du cap Corse dont je suis tombée amoureuse l'année dernière, promettent d'être belles. Il n'y a d'ailleurs pas que de la Corse dont je suis amoureuse...

mai 2011; séjour à Autrans

Je vois du monde. Je virevolte au milieu des soirées, des adieux, des préparatifs, des diabolos kiwis, des projets. Je jongle entre les billets de train, les papiers, les paquets de clopes intacts auxquels j'ai promis de ne plus toucher, les conversations vides, les cafés pleins, ces rythmes de vie défaits et agréables à la fois.

avril 2011; semaine dans le Sud, à Hyères

La Corse nous ouvrira ses bras le 22 juillet au petit matin, après une traversée de la Méditerranée peu préparée. Nous dormirons sur le pont. Le ferry nous portera jusqu'à Bastia et nous irons chercher dans le maquis le minuscule hameau de Sisco, où nous passerons plusieurs semaines. Nous plongerons dans l'onde salée depuis le haut des falaises, perdrons la notion du temps, partagerons la plus belle et la plus pure des amitiés.

8 juillet 2011; résultats d'examens

L'été commence vraiment, et je me rends compte que j'ai vécu énormément de choses depuis l'année dernière. A la même période, je m'apprêtais à changer radicalement. Depuis, j'ai parcouru tant de chemin... Aujourd'hui, je peux affirmer que je me construis encore. Et que je suis heureuse.

dimanche 20 mars 2011

Si cet article avait été manuscrit, il aurait été tâché par mon thé glacé.


Vous me croyiez morte ? Vous aviez tort; je vivais plus que jamais. J'ai l'impression que Lyon se relève enfin de cet hiver rude et morne pendant lequel les cafés et les pubs irlandais cachés dans les ruelles furent nos seuls refuges. Oui, ce temps est révolu. Le printemps se fait une place, mon argent se voit à nouveau dilapidé dans d'adorables spartiates à talons et autres plaisirs inutiles, les coupes de thé glacé ont presque totalement remplacé les capuccinos bouillants. J'ai aussi eu le plaisir de découvrir l'existence des smoothies après tout le monde en faisant un saut chez Garden State, à deux pas de la place Bellecour, en compagnie de mon amie Katia. Pour les lecteurs gourmands et avides de bons plans, je vous conseille vivement cet endroit ainsi que le mélange nommé "Hindi", à base de lait de coco, de banane, d'ananas et de vanille, qui est succulent. J'ai aussi passé bon nombre de mes journées sur les berges de la Saône, à savourer les dizaines de cigarettes délicieuses que me roulait cet amour de petite Clara, sans penser à rien, en écoutant juste Bonnie and Clyde les yeux dans les yeux et en souriant devant son rire cristallin.


J'ai aussi eu le temps de penser à mon avenir. Une année sabbatique à l'étranger entre ma seconde et ma première me tenterait bien. Je me mets à rêver des Etats-Unis, de nouveaux amis, d'une culture différente, et de la possibilité de devenir totalement bilingue. Je reviendrais en France en emportant dans mes bagages les souvenirs d'une année atypique et merveilleuse, aux antipodes de cette ville dans laquelle j'ai toujours vécu - bien que j'affectionne celle-ci. Mais mon euphorie vient d'un avenir plus proche : je ne cesse de penser aux bonheurs qui nous attendent, Nolwenn et moi, le mois prochain lors de notre petite semaine dans le sud. Je sens déjà le mistral se faufiler dans mes cheveux, la lumière inonder mon visage, l'air marin remplir mes poumons et nos rires raisonner à l'infini.


Sur ce, je vous laisse. Une soupe à la langouste m'attend dans la cuisine.
Bien à vous.

samedi 8 janvier 2011

Paisiblement logée dans cette agréable transition, entre un café et quelques heures de sommeil.


Il est minuit, et la réalité semble m'avoir quittée. A moins que ce ne soit l'inverse ? J'aime le noir pesant qui enveloppe tout, étouffant les bruits et éloignant les mascarades hypocrites, tel une ouate épaisse, dense et voluptueuse. La nuit s'est emparée de la ville de Guignol. L'eau des gouttières ruisselle dans un léger tintement sur les pavés du cinquième arrondissement. Un lampadaire usé s'essouffle au coin d'une rue, quelque part sur la presqu'île. Le rire cristallin d'une jeune nymphette aux jambes interminables résonne dans un appartement bourgeois du sixième. Les gônes se sont lovés dans les bras de Morphée et ne commenceront à s'en extirper qu'à l'aube. Plissant les yeux, j'espère fendre la brume humide couvrant d'un voile cette ville immense, postée, immobile, au sommet d'un immeuble comme tous les autres. Je survole toutes les pensées, froides comme du granit, qui m'assaillent en journée quand le soleil est au zénith. Je m'évade vers de vieux songes respirant l'indécis qui m'est propre. Dieu sait que je suis bien volage au milieu de tous ces jeunes premiers, dont les regards coulent sur les volants, les voilages, mon visage, les voilà ! N'approchez pas vos pommettes saillantes, vos cheveux soyeux, vos traits fins, vos gestes mesurés et l'insolence de votre regard de mon être émoustillé ! J'ouvre les paupières, décolle d'un revers de la main les mèches de cheveux adhérant à mon front et rentre, étourdie par ce pseudo-rêve de quelques secondes. Je prends ma plume et noircis de mon écriture atypique de grandes feuilles blanches, cornées et colorées par les tâches de café.

Je prends ma plume et je noircis de mon écriture atypique les grandes feuilles blanches quadrillées de ma missive. Oui, j'ai trouvé mes correspondantes. Peut-être m'évaderai-je, entre ces cultures belge et allemande loin de mes habitudes de lyonnaise de souche ? Sans doute. Me voilà donc en train d'amorcer d'inédites relations épistolaires, authentiques, étoffées. Celles que je retrouverai dans trente ans au fond d'un carton, m'émerveillant devant les souvenirs gravés sur le papier jauni par le temps, à l'encre désormais passée.


Passée comme le semblent ces vieux vinyles, que ma mère a retrouvé dans notre cave tout à l'heure. Cette femme dynamique, ayant connu mai 68 et la période dans laquelle j'aurais voulu être jeune, se préparait à les vendre lorsque je les ai sauvés. Nous n'avons plus de platine mais je compte bien en acheter une dans une brocante ou un autre évènement de ce style pour satisfaire mon envie d'écouter ces 33 tours, les premiers de ma mère, symboles de toute une génération.

Sur ce, je vous laisse.
Bien à vous.

dimanche 2 janvier 2011

Vingt cinq heures après les cotillons, les cris de joie, les klaxons dans la rue et les bonnes résolutions.

J'ai passé un nouvel an tout à fait sympathique chez ma meilleure amie, dans un quartier mal famé en banlieue lyonnaise. Contrairement à beaucoup de fêtards, je n'ai pas fini bourrée ni défoncée, à vomir partout et à me purger avec du thé pour décuver. Guillerettes, elle et moi avons emprunté un caddie cassé abandonné sur un trottoir et je suis montée à l'intérieur, riant aux éclats, alors que ma bretonne d'amie poussait ledit caddie, un franc sourire fendant son visage poupin. Je bus du champagne dans une flûte en cristal et dégustai de légers macarons aux fruits rouges. Je dansai sur Queen et dormis sur une mezzanine deux places, bien au chaud dans le petit pavillon de la famille P. Je rentrai après trois minables heures de sommeil, dans un métro vide aux vitres gravées d'obscénités, aux néons défectueux et aux fauteuils en mousse déchirés.

Nolwenn, filtre en bouche, prête à rouler une énième Phillip Morris.

Je profite par ailleurs de cet article peu glorieux pour passer une petite annonce : je recherche une correspondante (ou un correspondant, cela va de soit), avec qui je pourrais échanger quelques petites missives puisque j'adore ça. Je me fiche de connaître très peu la personne -du moins pour l'instant-, c'est vraiment pour l'échange que je fais la démarche, et pour le charme de l'épistolaire, qui malheureusement peine à se faire valoir en ces temps où le virtuel domine le manuscrit. Ça m'intéresserait de dialoguer ainsi avec quelqu'un de l'autre bout de la France, ou même au-delà des frontières, pourquoi pas ? J'attends vos propositions !

Sur ce, je vous embrasse et prends congé. Bien à vous.

vendredi 31 décembre 2010

Vingt deux heures avant les cotillons, les cris de joie, les klaxons dans la rue et les bonnes résolutions.

Ultime photo de Noël.

Comme toutes les bloggeuses, j'aurais pu vous lister, les yeux pétillants de joie, les merveilleux cadeaux que j'ai eu pour Noël. J'aurais pu, mais j'aime titiller vos nerfs... Nous avons tous mangé de délicieux mets (malheureusement pas vraiment diététiques), nous avons tous trouvé nos présents en dessous d'un conifère perdant les trois quarts de ses épines au bout de cinq minutes, nous avons tous feint vivre le bonheur absolu en s'exclamant qu'une encyclopédie sur la préhistoire, c'était LE cadeau qu'il nous fallait, et nous avons tous été émerveillés devant une neige que nous trouverons bien plus agaçante une fois redescendus de notre petit nuage post-Christmas. Nous avons tous répétés les mêmes gestes et... ça nous a tous gavés. Donc, ne m'éternisant pas sur la naissance de ce pauvre Jésus qui ne comprend certainement pas de là où il est comment ses oranges se sont transformées en gadgets Apple, je préfère vous parler de quelque chose de plus personnel.

Cachée derrière un reflex tout neuf dont je suis littéralement tombée amoureuse.

J'ai en effet entamé, du haut de mes quinze ans (je triche un peu, mais c'est dans douze jours et vingt deux heures), l'écriture d'un roman. Je vois à vos sourcils arqués et à vos yeux plissés que vous ne me suivez pas. Il s'intitule "Les yeux grands comme des vinyles" et parle des tourments de l'adolescence, du premier vrai amour qui surgit et disparaît de façon brutale, des amitiés aux liens aussi costauds que les tresses formant les cordes des bateaux, de l'image des parents qui devient moins lisse et de la peur de l'avenir. Je vous vois réticents, mais je vous rassure d'avance: il n'a rien d'un "LOL" façon papier glacé. Je n'en suis qu'au sixième chapitre, et je peux vous assurer que c'est très difficile de suivre un fil conducteur, de ne pas trop en révéler à la fois ou de trouver les mots qui sauront être touchants. D'où le choix de mon sujet, qui en soit représente plus ou moins ce que je vis ou ai déjà vécu, et qui de ce fait est donc plus facile à traiter. Je ne sais pas vraiment ce que j'en ferai, car je doute qu'il soit un jour à la hauteur pour être publié. Pour l'instant, je le fais lire à mes amis qui le dévorent et me donnent de précieux conseils, tout en traçant, doucement, les chemins de mon histoire.

J'ai passé le réveillon dans ma famille, en Savoie. Photo de la vue de ma chambre.

Nous en arrivons au dernier paragraphe de mon article, qui n'a rien à voir avec le reste. J'ai récemment gagné un concours sur le très beau blog de Marion, Amour-Infantile, dont le prix était un splendide collier de la marque "Et Ismérie créa...". C'est un écureuil, portant un adorable petit noeud bleu ciel autour du cou, que j'ai choisi sur l'Etsy de la québécoise, qui possède aussi un blog particulièrement agréable à lire et à regarder. J'espère que vous n'hésiterez pas à passer commande pour l'un de ses petits bijoux !


Sur ce, je vous laisse.
Bien à vous.

dimanche 12 décembre 2010

Christmas's post. Ou devrais-je dire, écrit post-Christmas ?

Le sapin n'est pas fait, mais puisque je ne passe plus Noël chez moi depuis longtemps, je n'en vois pas l'utilité. Les guirlandes qui clignotent ont été disposées de façon très symétrique sur les rambardes de ma grande terrasse, surplombant Lyon. J'ai un peu perdu l'émerveillement propre à l'approche de cette fête mais la voir différemment n'est pas inintéressant pour autant. Je ne me promène plus dans la rue avec mes bottines rouges vernies et mon béret assorti en louchant sur les jouets des vitrines avec émerveillement, mais du haut de mon petit mètre soixante-trois achevé bien trop tôt, je suis en proie à de nouvelles envies.

Il faut avant tout savoir que je possède un calepin plutôt étrange dans lequel je place de façon désordonnée les choses futiles, folles, banales ou évidentes que je souhaite faire dans ma vie. Dès que j'ai rempli ma tâche, je coche la case correspondante le sourire aux lèvres et prends plaisir à constater que le nombre de choses accomplies a augmenté.

photo prise à Grenoble la semaine dernière, pendant mon stage de journalisme.

Et c'est ici que se fait la liaison entre les deux premiers paragraphes de mon écrit. Cette année, j'ai fait d'un de mes pseudos-voeux une obsession. Très touchée par le cas des sans abris, j'ai décidé d'offrir pour Noël un peu d'argent, des papillotes et un cadeau pour l'un d'eux, celui que j'aurai choisi. Le déclic s'est fait assez soudainement; je prenais un chocolat chaud à la terrasse de mon café préféré en grelottant, et je me suis dit que je ne pourrais plus supporter d'ignorer tous ces hommes dont les histoires ne semblent intéresser personne, en cette période joyeuse où l'on ne se soucie de rien si ce n'est du cadeau que l'on va offrir à chacun de ses proches.

Mais mon élan de générosité est un choix très personnel et je doute que vous vous reconnaissiez partout dans ce que j'écris. Alors je ne m'éternise pas et vous annonce que le prochain post sera à l'opposé de celui-ci: je parlerai de mode car je ne l'ai pas beaucoup évoquée jusqu'alors -un comble, puisque je m'amuse beaucoup avec-, sujet qui paraîtra un tantinet futile après celui-ci.

Je vous embrasse.
Bonne soirée et bonnes fêtes.

mardi 2 novembre 2010

Je sens que cet article va être une pure soirée.

C'est à travers ce titre ironique, dénué de motivation et vide de sentiments que vous pourrez assouvir votre voyeurisme, m'imaginant ainsi bien apathique, devant ce clavier où lentement, mes doigts enfoncent des touches qui ne mènent qu'à de maladroites phrases. Visualisant mon visage, rendu blafard par la lumière blanche de l'écran, et mes yeux de fourbe plissés par la concentration. S'arrêtant sur le détail qu'est mon trait d'eyeliner, qui, désobéissant à mes souhaits, s'en est allé virevolter de manière bien asymétrique sur mes paupières; ligne continue mais accidentée, un peu comme cette vie propre aux jours de congés.

Car oui, nous sommes en congé. Mettant mes capsules de café Nespresso (je vous laisse vous faire la blague)(ne prenez pas cet air offusqué derrière votre ordinateur, je sais qu'elle ne vous a ne serait-ce qu'effleuré l'esprit) de côté au profit de chocolats chauds par conséquent moins corsés, j'ai pris mon pied et ai eu le plaisir de revoir mes amies Léa et Andréa, qui de par l'aura qu'elles dégagent, ne m'ont rendue que plus éblouie.

Mais bien sûr, il y en aura toujours pour écarter cette lampe torche braquée sur vous, aimantant votre regard, à laquelle vous vous étiez attachée et qui avait même fini par se greffer à vos yeux. Ces mêmes personnes, à qui vous ne manquerez pas d'offrir ce sourire crispé signifiant que non, vous n'avez pas fait le devoir de russe dont elles viennent de vous rappeler l'existence.

Et là, c'est la chute. A la fois la mienne, mes jambes se dérobant sous moi, mais aussi celle de mon article, qui se voit amputé d'un possible roman sur la professeur de russe qui nous force à étudier cette interview d'actrice slave et qui... et puis... oh et... Bref, vous comprendrez que pour clôturer cet écrit, je ne peux que tomber juste en vous lançant, un port de tête fier et solennel, ce bref " До свидания* ! ".

* au revoir